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5 différences entre "Dirty Dancing" et son remake

Quand on parle de comédies romantiques cultes, il est rare de ne pas citer « Dirty Dancing »… La bande-son iconique, des répliques encore mythiques aujourd’hui, les chorégraphies mémorables et puis surtout… Patrick Swayze. Le seul, l’unique. Le bad boy par excellence avec ce qu’il faut de sensualité pour faire oublier à Baby tout discernement.

Et nous avec.


En 2017, trente ans après l’original, un remake est sorti dans l’indifférence générale. En même temps, caster à nouveau le rôle de Johnny Castle, c’était un pari sacrément risqué. Quand un personnage est à ce point incarné par un acteur, il est particulièrement difficile de l’imaginer sous d’autres traits. Mais nous en reparlerons plus bas.

Bref, après l’avoir revu il y a quelques jours, j’ai voulu vous faire un article relevant les principales différences que j'ai listé entre les deux productions.


 

5 — Le contexte

Dans le film original, on nous propose une Amérique des années 60 à l’ambiance très édulcorée. La pension Kellerman est un paradis pour les familles en vacances et on ne cherche pas vraiment plus loin. S’ils l’ont voit un peu la différence de traitement entre les classes sociales, le sujet sert plutôt à développer l’intrigue autour du renvoi de Johnny que de défendre une quelconque prise de position.

Dans le téléfilm au contraire, après le premier quart d’heure qui tient plus du copier-coller que de l’adaptation, on s’attarde davantage sur des thèmes comme la ségrégation raciale et sociétale. D’ailleurs, cela avait déjà été le cas dans la comédie musicale de 2015, dont le scénario avait été écrit par Eleanor Bergstein, la scénariste du film originel.

Même si le traitement de ces thématiques est un peu léger à mon goût, cela permet de donner un peu de profondeur à l’univers du téléfilm et notamment au personnage de Lisa Houseman.

4 — La mère, Marjorie Houseman

Soyons francs, le personnage de la mère de Baby est assez anecdotique dans le film de 1987. Jouée par Kelly Bishop (connue également pour son rôle dans Gilmore Girls), Marjorie Houseman est une femme américaine typique des années 60. Elle élève ses enfants, elle est une épouse dévouée et c’est à peu près tout. Le film ne s’intéresse pas du tout à elle et elle est le membre de la famille Houseman le moins développé. À l’exception de sa réplique culte à la fin du film « Je crois qu’elle tient ça de sa mère » (qui est assez drôle vu que Kelly Bishop a aussi une formation de danseuse), son rôle est assez effacé.


Ce qui n’est pas du tout le cas dans le téléfilm de 2017. Ici, c’est Debra Messing qui reprend le rôle (alias Grace de "Will & Grace"). Et si elle est toujours cette femme au foyer entièrement dévouée à sa famille, son épanouissement n’est plus au rendez-vous. Là où le film de 1987 ne s’attardait pas une seconde sur le ressenti de cette mère de famille qui ne vit que pour les siens, le téléfilm nous permet de prendre un peu le temps de découvrir cette quadragénaire. Marjorie Houseman a 45 ans, elle a élevé deux filles qui vont acquérir leur indépendance dans les mois à venir et un mari qui ne la remarque plus.

Je vous avoue tout de suite que c’est la partie du téléfilm qui m’a le plus intéressée, parce que totalement inédite. J’ai été très touchée par le désarroi de cette femme qui voit passer sa vie devant elle. Sa détresse et sa volonté de faire bouger les choses m’ont énormément plu et j’ai trouvé que l’équilibre de la famille Houseman était bien mieux établi dans le téléfilm. Clairement, ce foyer a des problèmes plus profonds que l’éveil sexuel de la petite dernière et à travers le sursaut de la mère, c’est toute la famille qui va prendre un nouvel élan.

3 — Baby Houseman


Qui dit Dirty Dancing, dit Baby. Alias Frédérique Houseman (ou plutôt Frances dans la version originale).

Le rôle était endossé dans le film originel par Jennifer Grey. Elle avait eu jusque là quelques rôles secondaires au cinéma, mais Dirty Dancing lui permet d’accéder à une renommée internationale. Malheureusement pour l’actrice, après une opération de rhinoplastie, le public ne la reconnaît plus et sa carrière stagnera dans les décennies suivantes.

Personnellement, j’ai toujours trouvé Baby un peu agaçante dans le registre de la fille à papa. Il faut avouer que côté naïveté, Baby se posait là avec ses pastèques. Mais en terme de danseuse, Jennifer Grey a probablement déclenché des vocations chez bon nombre de petites filles. En incarnant une jeune fille peu sûre d’elle se transformant en une incroyable danseuse, elle a enchanté moult générations, la mienne comprise.

Dans le téléfilm, le rôle est repris par Abigail Breslin. Oui, oui, la petite fille de « Little Miss Sunshine », « Signes » et autres « Bienvenue à Zombieland ». Alors, j’ai toujours trouvé cette actrice bluffante malgré son âge dans bon nombre de ses films. Mais il faut avouer qu’ici, sa prestation peine un peu à convaincre. Non pas tant dans la personnalité de Baby. À mon sens, elle donne au personnage plus d’assurance et d’humour. Et une silhouette éloignée des canons modernes qui change agréablement. Mais Baby, c’est aussi et surtout une jeune fille qui s’éveille à la sensualité, au rythme langoureux et disons-le clairement au sexe.

Ici, avec une actrice qui a beaucoup gardé de son visage d’enfant, c’est assez compliqué. J’avais l’impression de voir l’éveil sexuel d’une ado de quatorze ans. Je n’ai pas cru une seconde à la sensualité du personnage. Et il est de plus difficile d’émerveiller le public quand l’actrice principale n’a visiblement pas de formation de danseuse. Baby est censé être novice bien sûr. Mais à la fin, elle doit éblouir par sa présence et son talent incroyable. Ici, je suis restée clairement sur ma faim à ce niveau-là. Abigail Breslin est une actrice talentueuse, mais certainement pas une danseuse.

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