Sublimes !

15 Sep 2016

Divines de Houda Benyamina

 

Synopsis

Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa rencontre avec Djigui, un jeune danseur troublant de sensualité, va bouleverser son quotidien.

Caméra d'Or à Cannes, une bande annonce forte à l'humour dosé, il ne m'en fallait pas plus pour aller voir Divines

 

Dounia, jeune fille au départ de vie compliquée, ne souhaite qu'une chose : Money, money, money !

 

Quelqu'en soit le prix. Ironique, non ?

 

Accompagnée de sa fidèle amie, Maimouna, elle part convaincre Rebecca, dealeuse en chef du quartier qu'elles seraient des nouvelles recrues tout ce qu'il y a de plus top. Mauvaise idée, n'est-ce pas?

 

C'est couru d'avance, l'escalade et la chute ne sont pas loin. Je le sais, tu le sais, tout le monde le sait. 

Je n'avais qu'une envie, lui crier : Arrête, ça va finir en eau de boudin, ton truc...!

 

Mais pour Dounia, c'est sa chance de s'en sortir, de quitter le bidonville et de protéger sa mère incapable de protéger qui que ce soit, y compris sa propre fille. 

 

Peut-on juger le choix qui est le sien ? Peut-on simplement imaginer ce qui se passe dans la tête d'une jeune fille qui pense n'avoir d'autres choix que la délinquance et la violence puisque personne ne lui a jamais montré d'autre chemin ? Personnellement, j'ai du mal.

 

Et au delà de l'histoire de Dounia, c'est surtout l'histoire de son amitié avec Maimouna qui est racontée. Cette amitié exclusive, excessive qu'on ne connait qu'à l'adolescence où les sentiments prennent toute la place.  

 

Elles seront à deux toujours, dans les bons comme dans les mauvais moments. Elles construiront ensemble leur ascension, tout autant que leur chute.

 

Et puis, il y a aussi Djigui, ce jeune danseur/vigile qui apparaît comme une échappatoire, une bouffée d'air pur dans le monde violent de la jeune fille. Il sera sa porte de sortie, sa chance de connaître autre chose. Mais saura-t-elle la saisir ? En aura-t-elle ne serait-ce que l'opportunité ? (Et ne nous le cachons pas, le fait qu'il soit plutôt bien foutu et bon danseur ne gâche rien).

 

Le film n'épargne pas quelques clichés mais mis au service d'actrices bluffantes, ils sont vite oubliés. La première d'entre elles, Oulaya Amamra, fait preuve d'un charisme époustouflant face à la caméra. 

 

Sœur de réalisatrice, elle capte le personnage de Dounia et l'interprête de main de maître d'un bout à l'autre du film. Elle ne joue pas, elle est Dounia. Alternant le drame à la comédie, elle occupe tout l'espace. Même dissimulée derrière des vêtements informes la majorité du temps, sa beauté sauvage se révèle au fil du film et nous emporte au même titre que son jeu.

 

Une histoire déjà vue au fond, mais une interprétation hors norme qui emporte tout.

 

En un mot, elles sont divines.

Note : 4/5

 

 

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